La saison passée, le fil rouge que j’avais souligné dans la trame de la programmation était le personnage du monstre. Familier au théâtre, depuis les Atrides. Changement de décor cette année, avec un fil rouge tout aussi involontaire au départ. Il est souvent question dans les spectacles de théâtre que nous allons vous présenter de vivre ensemble. Un vrai sujet d’actualité, qui promeut au rang de substantif le “vivre ensemble”.  (On a vu mieux d’un point de vue esthétique). Au plan politique avec deux spectacles qui parlent de démocratie, ses fondements et ses impasses : Ceux qui errent ne se trompent pas de Maëlle Poésy et la prochaine création de Laurent Gutmann consacrée à Tocqueville ; tout près de ces grands moments (?) que seront les élections présidentielles américaines et françaises. Dans le registre sociétal, social, avec Traversée créé par Marc Toupence et Vertiges écrit et mis en scène par Nasser Djémaï ; mais aussi bien sûr Le Misanthrope replacé dans notre époque par Michel Belletante et Ces filles-là d’Evan Placey mis en scène par Anne Courel qui poursuit son chemin autour de l’adolescence. Dans le domaine amoureux enfin : avec  La Dispute de Marivaux mis en scène par Jacques Vincey et Le songe d’une nuit d’été, mis en scène par Lisa Wurmser, qui illustre (entre autres) les tribulations du désir  et ses dérèglements.
On a beaucoup dit après les tragédies de 2015 que la culture contribuait, devait contribuer “au vivre ensemble”. En tout cas, la question interroge nombre d’artistes. On a dit cela et beaucoup d’autres choses pour fonder “l’utilité” de la culture (et donc  le bien-fondé des financements publics dans  ce domaine) : sa participation effective au  “bien vivre” et sa contribution significative  à l’économie du pays... Nous-mêmes, ne cessons de l’affirmer...
Un aspect singulier de cette saison à venir, c’est la présence de plusieurs seuls en scène. Parce qu’ils peuvent être l’occasion d’une rencontre forte, insolite, avec l’univers d’un artiste dans sa singularité, son corps à corps avec son public. Si vous avez vu le spectacle du Cirque Plume en juin 2015, vous aurez remarqué le talent de Mick Holsbeke, le clown du spectacle ; il revient avec Moby Mick. Un autre clown magicien à ne pas manquer avec son spectacle décapant, Yann Frisch avec Le Syndrome de Cassandre. Et puis Sophia Aram qui n’y va pas de main morte dans Le fond de l’air effraie ; gageons que la proximité des élections au printemps la stimulera. Enfin, un focus Solos insolites où il sera question de tupperware, de temps universel et de tout Dostoïevski en une heure et demie. Et puis, et puis, tous les autres spectacles, de danse, de musique que je vous laisse découvrir et que nous aurons toujours grand plaisir à vous présenter le mardi 7 juin. Une autre nouveauté, cette année :  nous souhaitons inventer avec vous une autre façon de nouer des liens autour de la programmation. Je veux parler des ambassadeurs dont la présentation suit.
Belle saison à chacun de vous et traversons la ensemble.
Thierry Vautherot, directeur