Théâtre
UND
HOWARD BARKER | JACQUES VINCEY

Du Jeudi 16 Février 2017 au Vendredi 17 Février 2017 à 20h00 Granit





  SPECTACLE AVEC AUDIODESCRIPTION VENDREDI 17 FÉVRIER

Le metteur en scène Jacques Vincey guide la cantatrice Natalie Dessay dans ses premiers pas au théâtre avec ce monologue qui dresse le pouvoir de résistance du langage face à la violence et à l’absurde.
Une femme attend un homme. L’homme est en retard. Pendant ce temps, un inconnu assiège l’espace où elle se trouve. Et sa parole devient le dernier rempart dans un monde en train de sombrer. Ce qui est proprement admirable dans ce spectacle, c’est la cohérence entre le propos, le texte, la scénographie et le jeu de l’actrice. Toute l’intelligence et la sensibilité de Jacques Vincey fait de Und une traversée qui vous marque pendant longtemps. Un texte dans la veine de la Voix Humaine de Cocteau, et de Oh les beaux jours de Beckett. Howard Barker développe autour de l’attente de cette femme une parfaite ambiguïté qui ne sera jamais levée. Qu’attend-elle, un amant, un bourreau ? Le “dehors” est menaçant, livré aux violences de l’histoire. Tout au long du spectacle, les pains de glace accrochés dans les cintres ruissellent, se brisent, ajoutent à la notion de danger, toujours présent sur le plateau. Et ce texte qui convoque la voix de l’actrice, une parole comme un chant, Natalie Dessay en est la parfaite interprète.
Und est avant tout une expérience sensorielle. Elle est d’autant plus forte qu’elle se rapproche de l’hypnose. Il y a l’immobilité du corps de l’actrice, ce point carmin que l’on fixe, la réverbération des glaçons, et surtout la voix exceptionnelle de Natalie Dessay, qui se fraie un chemin dans cette forêt de mots. Elle fait surgir des images, provoque des rencontres, et articule si bien que l’on est bien obligé d’accepter que l’énigme de la pièce ne sera résolue que si l’on accepte de se laisser dissoudre par les sons. Comprendre ne sert  à rien. Libération

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