Théâtre Création
Invisibles
Texte et mise en scène Nasser Djemaï

Du Jeudi 05 Janvier 2012 au Vendredi 06 Janvier 2012 au Granit





DISTRIBUTION
Texte et mise en scène : Nasser Djemaï / Avec :
Angelo Aybar, Kader Kada, Mostefa Stiti, Azzedine Bouayad, Lounès Tazaïrt, Aribe David / Musiciens : Frédéric Minière, Alexandre Meyer / Scénographie : Michel Gueldry / Création lumière : Renaud Lagier / Vidéaste : Quentin de Courtis / Régie générale : François Dupont / Production déléguée : MC2: Grenoble / Coproduction : Le Granit, scène nationale, Belfort, Maison de la Culture de Bourges, Repères – groupe de création artistique / Accueil en résidence : Le Domaine d’Ô / © photo Philippe Delacroix

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  Jeudi 5 à 19h30 / Vendredi 6 à 20h30

Invisibles c’est l’histoire bouleversante d’une rencontre. Martin, la trentaine hérite d’un petit coffret avec un nom et une adresse qui vont être le point de départ d’une quête d’identité. Martin    n’a jamais connu son père, et sa mère ne lui en a jamais parlé. Cette adresse dévoilée va le mener dans un foyer ADOMA (anciennement nommé Sona-Cotra) où la rencontre des chibanis Driss, Hamid, Majid, Shériff et El Hadj va être décisive pour se reconstruire face au deuil, grandir et continuer sa vie d’homme. On découvre, par le regard bienveillant de Martin, le quotidien bien réglé, le silence, la colère, la solidarité, la résignation de ces Invisibles dont Nasser Djemaï tient à rendre hommage et à qui il redonne la parole dans ce spectacle.
“Les invisibles : qui sont-ils ? Des travailleurs immigrés, écartelés entre les deux rives de la Méditerranée, qui ont vieilli ici, en France. Ils sont restés seuls, pour des raisons diverses. Ils ne sont pas rentrés au pays. La France est devenue leur pays, ils y ont apporté leurs rêves, mais ils sont devenus des fantômes. Ils ont asphalté les routes, construit les HLM, sorti des quantités de pièces détachées des chaînes et des machines-outils. Ils n’ont pas ménagé leur peine, ils ont bien contribué à ces trente glorieuses, ces années de reconstruction accélérée de l’économie. Mais dans l’inconscient collectif ces travailleurs étrangers sont immortels, parce que continuellement interchangeables. Ils ne sont pas nés, ils ne sont pas élevés, ils ne vieillissent pas, ils ne se fatiguent pas, ils ne rêvent pas, ils ne meurent pas, ils ont une fonction unique : travailler. Aujourd’hui la bataille économique s’est déplacée sur d’autres terrains. Jetés par dessus bord, en même temps que la classe ouvrière et la lutte qui allait avec. Leur pouvoir d’achat étant nul, ils sont devenus invisibles. Doublement reniés, en tant qu’ouvriers et en tant qu’immigrés, ils n’osent parler de leurs métiers avec fierté. Les fonderies, les chaînes, les mines, ils les ont pourtant nourries de leur vie. Dans la mythologie, le royaume d’Hadès (épithète signifiant l’invisible), celui qui arrivait à entrer dans le royaume des morts, pouvait observer, interroger les ancêtres, et revenir dans le monde des vivants, fort de cette sagesse, à une condition : celle de ne pas s’asseoir sur la chaise d’oubli.” Nasser Djemaï

 Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue des représentations du jeudi 5 et vendredi 6 janvier

Diplômé de l’école de la Comédie de Saint-Etienne, et de la Birmingham School of Speech and Drama en Grande Bretagne, Nasser Djemaï se perfectionne à la British Academy of Dramatic Combat. Nasser Djemaï a acquis une expérience théâtrale européenne. Il a été dirigé par Hettie McDonald et Frank McGuiness dans The Storm d’Alexandre Ostrovsky au Théâtre Almeida à Londres. Depuis son retour à Paris, il poursuit sa formation d’acteur auprès de metteurs en scène comme Joël Jouanneau, Philippe Adrien, Alain Françon. Il a travaillé avec plusieurs metteurs en scène dont Daniel Benoin, René Loyon et Robert Cantarella. Il est lauréat du prix Sony Labou Tansi des lycéens théâtre francophone 2006-2007 pour Une étoile pour Noël (Actes Sud-Papiers, 2006). Après Une étoile pour Noël ou l’ignominie de la bonté et Les vipères se parfument au jasmin, Invisibles est sa troisième pièce. Elle est parue aux éditions Actes Sud-Papiers en 2011.