Théâtre Création
La grande et fabuleuse histoire du commerce
Texte et mise en scène Joël Pommerat

Du Jeudi 12 Janvier 2012 au Vendredi 13 Janvier 2012 au Granit





 Rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation du jeudi 12 janvier


DISTRIBUTION
Texte et mise en scène : Joël Pommerat / Collaboration artistique : Philippe Carbonneaux / Scénographie et lumière : Eric Soyer / Costumes : Isabelle Deffin / Avec : Patrick Bebi, Hervé Blanc, Eric Forterre, Ludovic Molière, Jean-Claude Perrin / Production : Compagnie Louis Brouillard / Coproduction : Le Granit, scène nationale - Belfort, Comédie de Béthune - centre dramatique National Nord Pas-de-Calais, Béthune 2011 Capitale régionale de la Culture, Sainte-Maxime, Le Carré, Théâtre de l’Union, Centre Dramatique National du Limousin, Saint-Valéry en Caux, Le Rayon Vert, Théâtre d’Arles - scène conventionnée pour des écritures d’aujourd’hui, Théâtre d’Evreux - scène nationale Evreux Louviers, CNCDC- Centre National de création et de diffusions culturelles de Châteauvallon, Le Parvis - scène nationale de Tarbes / La Compagnie Louis Brouillard reçoit le soutien du Ministère de la Culture-Drac Ile-de-France et de la Région Ile-de France / Joël Pommerat est artiste associé à L’Odéon-Théâtre de L’Europe et au Théâtre National de Bruxelles.
  Jeudi 12 à 19h30 / Vendredi 13 à 20h30

“La nouvelle création de Joël Pommerat se base sur un dispositif d’une simplicité biblique : quatre vendeurs rompus au porte-à-porte forment un nouveau venu à leur méthode. Chaque soir, après avoir essayé de vendre un objet cher et inutile à des ménages désargentés, ils se retrouvent dans une chambre d’hôtel où ils font le bilan de leur journée. Le nouveau, d’abord malhabile, est prêt à renoncer. La télévision en noir et blanc fait écho aux émeutes qui embrasent le quartier latin. Nous sommes en 1968 au beau milieu d’une rébellion étudiante qui dénonce la dictature de la consommation. Fin de la première partie. Quand les lumières se rallument, la même situation se rejoue. Mais le temps a passé et les rôles ont changé.
La grande et fabuleuse histoire du commerce, concentrée autour d’un protagoniste et de quatre personnages, parle d’un certain type de commerce qui crée des besoins auprès d’acheteurs potentiels en jouant sur leur crainte et sur leur désarroi. La prégnance des événements extérieurs qui arrivent dans la chambre d’hôtel par le truchement de la télévision, laissent à penser que cette activité commerciale basée sur le mensonge et l’opportunisme serait peut-être une métaphore d’un capitalisme en déliquescence, mis à mal en 1968 par des éléments extérieurs, puis, depuis 2008, par une crise interne, provoquée par l’insolvabilité de ceux à qui n’ont pas les moyens de payer ce qu’on leur a convaincu d’acheter...
Un décor double mais unique, des personnages que leur commune profession a transformés en caméléons au point d’en devenir interchangeables. Une fable ou une parabole : c’est simple et c’est beau.”
Fluctuat.net, janvier 2012

“Sous son titre volontairement emphatique, la pièce cache l’âpre réalité d’un métier où l’on chemine seul mais où l’on dépend de strictes hiérarchies. Il paraît que ce métier connaît en ces temps de crise une étonnante reverdie. Il s’agit du démarchage à domicile. Mais c’est en une époque plus ancienne que plonge Joël Pommerat, nous entraînant au cœur de la société française. C’est l’une des lignes de ses recherches, un de ses soucis. Il y a des années, avec Les Marchands, il avait approché les secrets d’un capitalisme familial. Ici, on ne quitte pas une chambre d’hôtel. De 1968 aux années 2000, le monde change, mais pas vraiment les hommes qui exercent ce labeur ingrat, souvent mal aimé qu’est la vente à domicile. Joël Pommerat a écrit en s’appuyant sur des entretiens recueillis dans le Nord par une sociologue.
On voit des hommes qui sont fiers, heureux parfois. Des hommes entre eux. Ligotés par la nécessité du résultat. Aveugles pour certains aux transformations de la consommation. On saisit leur solitude. Parfois, ils sont démunis jusqu’aux larmes. Avec la distance du micro, des voix blanches, des lumières (Éric Soyer), portés par d’excellents interprètes, Joël Pommerat réussit là une tragédie du temps présent. Il transfigure le réel le plus prosaïque en un matériau onirique pour mieux nous faire comprendre la réalité. Un théâtre de réflexion, qui saisit par sa beauté, son sens, et émeut profondément.”
Le Figaro, décembre 2011

Joël Pommerat est artiste associé à l’Odéon-Théâtre de l’Europe jusqu’en juin 2013 et au Théâtre National de Bruxelles. Sa compagnie obtient le Molière 2011 de la compagnie pour sa dernière création Ma chambre froide.