PRIVILÈGE / PUSHA PETROV

Photographiant objets intimes ou espaces habités, elle offre une lecture sociologique et esthétique de nos modes de vie, un regard « privilégié ». Plongée en apnée dans un univers ou l'intime se dévoile : quelle distance, quel regard porter sur ce qui se révèle ? Un rite periodique, où se mêlent et se démêlent des histoires, nous délestant d'une partie de nous même pour mieux nous transformer sous des gestes experts. Un jeu de rôle répété, où chacun tient sa place, pas un théâtre mais un salon de coiffure.

GRANIT
Du mer 03 Avr au mar 25 Juin

En Famille, Galerie, Vernissage, Visite
GRANIT
Durée : /
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PRIVILÈGE / PUSHA PETROV

Dates de représentations

mercredi 03 avril 2019 à 18:00

Photographie, objet, son et vidéo
Une proposition évolutive, construite sur un projet en cours de Pusha Petrov, artiste roumaine en résidence en France.

VERNISSAGE
GALERIE – GRANIT, BELFORT ¦ Me 3 avr – 18h
En présence de l’artiste

ÉVÉNEMENTS
Ve 12 avr – 18h
Conférence : La photographie est-elle un art ?
Alexandre Roccuzzo, historien d’art

Ma 4 juin – 18h
LA NUIT CRAQUE SOUS NOS DOIGTS
Photographie / livre
Présentation du livre de Sarah Ritter avec Pauline Repussard
Suite à l’exposition éponyme présentée dans la galerie du Granit en 2017:
« Des échelles incertaines, des lieux étranges, des gestes simples mais sans clés, autant d’éléments qui construisent une atmosphère narrative et suspendu. »

VISITES
Visite-sandwich : ma 9 avr – 12h20
La dernière du mois : ma 30 avr – 17h
Avant les spectacles au Granit : 19h, retrouvons nous pour parler des expositions
et dans le cadre des « Folles journée de l’art contemporain » Sa 15 juin – 13h30
0Bus tour au départ de Besançon (Frac)
Seize Mille, réseau d’art contemporain Bourgogne Franche-Comté vous propose son premier week-end art contemporain, à découvrir en région.
Rendez-vous pour le BUS TOUR Besançon > Nord Franche-Comté
départ 13h30 du Frac Franche-Comté à la découverte des expositions:
– Espace multimédia Gantner, Bourgogne – Cosmos
– Galerie Granit, Belfort – Privilège et Défense Tactile (Robes)
– Le 19, Crac, Montbéliard – (Con)Vivéncias + C Party!

INFORMATIONS ET RÉSERVATION
10 euros – gratuit pour les moins de 18 ans
contact@seizemille.com – 07 83 84 10 62
Programme complet / www.seizemille.com

Entrée libre
du lundi au samedi de 13h à 18h et les soirs de spectacles
Visites commentées sur rendez-vous

Exposition proposée dans le cadre du mois de la photographie de Belfort

Pour aller plus loin

PushaPetrov-ComPresse

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Doc mediation privilege

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Photographiant objets intimes ou espaces habités, elle offre une lecture sociologique et esthétique de nos modes de vie, un regard « privilégié ». Plongée en apnée dans un univers ou l'intime se dévoile : quelle distance, quel regard porter sur ce qui se révèle ? Un rite periodique, où se mêlent et se démêlent des histoires, nous délestant d'une partie de nous même pour mieux nous transformer sous des gestes experts. Un jeu de rôle répété, où chacun tient sa place, pas un théâtre mais un salon de coiffure.

« Ma recherche porte essentiellement sur les objets qui nous environnent et sur leur lien avec notre intimité. En faisant entrer mon spectateur dans des univers peuplés de ces objets, je le pousse à s’interroger sur leur identité cachée. Il se confronte à la dualité et aux contradictions de l’homme moderne : sa quête de singularité et son besoin d’appartenance. C’est à travers la photographie que j’espère guider le spectateur : l’amener à regarder et non simplement à voir, à ressentir et non à observer. » – Pusha Petrov
Pusha Petrov est née en 1984 à Timisoara (Roumanie). Elle fait partie de la nouvelle génération d’artistes contemporains de ce pays. A travers photographies et installations, son œuvre se focalise sur des objets de notre quotidien, des rites culturels propres à certaines communautés, qui induisent un rapport à l’identité et à l’intime, mais aussi à l’idéalisation du corps féminin. Elle offre un regard que l’on peut décrypter tant d’une manière sociologique qu’esthétique, en dévoilant des parts cachées, ou peu mises en valeur, de nos modes de vie.
Le titre de l’exposition est un jeu de mots entre le roumain et le français, le verbe « a privi » signifiant regarder, observer, ce que fait la photographe avant même de documenter ses recherches, dans un contexte privilégié c’est à dire, qui implique un certain rapport de confiance avec son sujet. Les œuvres présentées à Belfort font parties d’une nouvelle série qui est en cours de création, initiée suite à une résidence de l’artiste à la Cité Internationale des Arts de Paris. Ce travail trouve ses « racines » dans quatre petites photographies, « l’image qu’on a jamais », réalisées en 2014. Un point de vue inhabituel sur quatre hommes qui se sont laissés photographier leurs calvities : l’imageest à la fois banale et étrange, les corps ayant complètement disparus, nous avons à faire à des sortes de scalps que nous pourrions trouver dans un musée d’anthropologie, elles sont rendues à l’état d’icônes, d’objets précieux, par leurs tailles et leurs encadrements. Les œuvres produites pour la galerie du Granit sont issues du regard qu’a porté l’artiste aux alentours du métro Château d’Eau et de la gare de l’Est, dans le 10ème arrondissement de Paris, ou les fins de semaine sont très animées, par les nombreux salons de coiffure africains, lieux de soin, mais aussi de rencontre et de sociabilisation. Pusha Petrov a dû déployer une stratégie d’infiltration pour se faire accepter dans cette communauté qui la fascinait. Elle met à jour une pratique du cheveu particulière à la culture afro, les extensions, qui constituent, pour les femmes africaines, une façon de dominer leur chevelure, autant pour correspondre à certains critères de mode, être acceptées dans la communauté, que pour affirmer leurs individualités. Ces séances de coiffage sont longues, accompagnées de discussions enflammées, de musiques et de télénovelas. L’artiste, sous le prétexte de s’adonner à ce rite, dans sa première phase, la création du « rond », un tressage qui sera la structure d’implantation des extensions, capte, à la dérobée, les gestes habiles de ces ouvrières du cheveu et interviewe quelques client.es sur leurs expériences et leurs rapports aux cheveux. Ce qui l’intéresse ici, outre tout ce que sous-tend cette culture du cheveu et ses implications sociologiques, ce sont les gestes et les liens tant physiques que métaphoriques ; en découlent les grandes photographies présentes dans l’exposition : « Cusut cu ata alba » soit en français « cousu de fil blanc ». Elle arrête le processus de création de cette architecture au soubassement de la coiffure finale, une phase cachée et normalement non mis en valeur, où les cheveux sont cousus, ici de fils blanc à la demande de l’artiste. L’ensemble est monumental, quasiment sculptural, d’autant que l’artiste, inspirée par les interventions de Jean Nouvel sur le bâtiment, réintervient par grattage sur
l’image, une sorte de palimpseste qui en même temps qu’il fait disparaître l’image, révèle la matière du papier, dans un acte graphique qui perturbe la nature de l’œuvre. Cette action, assez physique et laborieuse, produit une sorte de poudre que l’artiste collecte comme un talisman, usant de pinceaux de maquillage. Un geste qui se veut proche du geste de la coiffeuse, qui, une fois de plus, fait réémerger ce qui ne se voit normalement pas en photographie, le papier, son support originel. Ici la qualité du papier est très importante ainsi que nous pouvons le voir dans la série « NEW(uancier) », réalisée à Londres qui reprend le cadre, le décadrage des premières images que nous avons décrites, extrayant le haut du crâne, comme des planètes colorées dont on sent quasiment la matière, elle tend à objectiver leurs sujets.
Après une licence d’arts plastiques – peinture à l’Université de Timisoara, elle poursuit ses études en France à l’ESAL, Metz. Graduellement, elle manifeste un penchant vers la photographie et l’installation. Dans ses premières expositions personnelles Pusha surprend avec ses séries de photographies focalisées sur des objets de la vie quotidienne, qui à travers son regard, nous apparaissent sous un nouveau jour. Ses expositions sont soutenues par le Conseil Général de Moselle, Le Centre Jacques Brel, les Galeries Lafayette, Châteaux de Courcelles (2013), Châteaux de Luttange (2015), L’Institut Français de Timisoara (2016), Institut Culturel Roumain Paris (2016). Son travail a été présenté à la Biennale Photo de Daegu en 2018 (Corée du Sud), elle participe à l’exposition La Brique, The Brick, Cărămida à la Kunsthalle, Mulhouse jusqu’au 28 avril.

Pusha Petrov et Pierre Soignon